Amazon fait cadeau de sa technologie - Marketing du Net : Actualité, analyses, dossiers, tendances

Post Top Ad

Amazon fait cadeau de sa technologie

Amazon fait cadeau de sa technologie

Share This
Premier arrivé sur le créneau des enceintes intelligentes en 2015, Amazon compte bien conserver cet avantage, voire creuser l'écart avec des poursuivants de plus en plus nombreux. Google s'est lancé mi-2016, Microsoft cette semaine, et d'autres sont attendus incessamment, qu'il s'agisse d'Apple, de Baidu ou même des européens Orange et Deutsche Telekom, qui ont récemment annoncé un partenariat sur le sujet.


Premier arrivé sur le créneau des enceintes intelligentes en 2015, Amazon compte bien conserver cet avantage, voire creuser l'écart avec des poursuivants de plus en plus nombreux. Google s'est lancé mi-2016, Microsoft cette semaine, et d'autres sont attendus incessamment, qu'il s'agisse d'Apple, de Baidu ou même des européens Orange et Deutsche Telekom, qui ont récemment annoncé un partenariat sur le sujet.


Pour garder la main, Amazon doit à la fois rester en tête dans l'utilisation de son service d'assistance vocale et à la pointe sur le plan technologique - deux objectifs d'ailleurs intimement liés, car les programmes informatiques de « machine learning » utilisés notamment pour comprendre les instructions vocales sont d'autant plus performants qu'ils sont utilisés fréquemment.

Pour mettre en place un tel cercle vertueux, Amazon doit persuader le plus de partenaires possibles d'utiliser ses outils - à la fois des développeurs d'applications vocales (appelées « skills ») et des constructeurs de matériels tiers. Et l'arme de séduction massive de Jeff Bezos est simple : la gratuité.

Très tôt, le géant de Seattle a mis en libre accès sa technologie, proposant à qui voulait de rendre ses produits compatibles avec Alexa. Au CES de Las Vegas,la grand-messe de l'électronique mondiale, en début d'année,on ne comptait plus les exemples de lampes, frigidaires, machines à laver ou même voitures avec lesquelles l'intelligence artificielle d'Amazon était devenue capable de dialoguer. Une première victoire de taille pour le groupe, qui ne sait que trop bien combien il sera difficile pour ses concurrents de le rattraper, lui qui a lamentablement échoué à imposer ses Fire Phones, passant 170 millions de dollars de dépréciations dans ses comptes à ce titre fin 2014.

Le mois dernier, le groupe est allé un cran plus loin, en proposant d'offrir, toujours gratuitement, l'ensemble des technologies audio développées en interne pour équiper son enceinte Echo. Car le produit d'Amazon n'est pas seulement performant par ses capacités logicielles à reconnaître les phrases prononcées et à y apporter des réponses. C'est également un bijou de hi-fi, fonctionnant avec pas moins de sept microphones, capable d'isoler une voix humaine dans le bruit ambiant à l'autre bout d'une pièce pour entendre le mot-clef « Alexa », qui activera le service.

Certes, Amazon ne livre ses secrets de fabrication qu'au compte-goutte, après que les industriels intéressés en ont fait la demande sur son site. Mais, jusqu'alors, seule une poignée de constructeurs de hauts-parleurs avaient été adoubés par Amazon pour intégrer Alexa, parmi lesquels le français Invoxia et son enceinte Triby. «  Il faut que l'expérience utilisateur soit bonne », explique Sébastien de la Bastie, directeur général d'Invoxia, pour qui Amazon, en proposant sa propre architecture gratuitement, a voulu faciliter la tâche des constructeurs. «  Ils ont besoin de partenaires qui jouent les poissons-pilotes », explique-t-il, pointant toutefois le risque qu'une fois le marché établi, Amazon ne rafle finalement la mise avec son standard.

Le dernier-né du géant de Seattle, Echo Show, est ainsi doté d'une interface vidéo, tout comme Nucleus, un interphone connecté à Alexa développé par une start-up... mais qui coûte 20 dollars de plus.

Sébastien Dumoulin, Les Echos

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Post Bottom Ad