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Amazon : L'effet de l'automatisation sur l'emploi

Amazon : L'effet de l'automatisation sur l'emploi

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Amazon : L'effet de l'automatisation sur l'emploi

Automatisation, robotisation, intelligence artificielle, les progrès du numérique annoncent-ils une grande vague de chômage technologique ? Pas si sûr. D’abord parce que l’homme conserve un avantage comparatif sur la machine, de telle sorte que tous les emplois ne sont pas automatisables, loin de là. Seuls 15 % des salariés français pourraient en l’espèce être remplacés par un robot aujourd'hui. Ensuite et surtout, parce que le contenu des métiers évolue avec le numérique dans un sens qui les rend paradoxalement moins automatisables.



La couverture du New York Post de décembre n'offrait pas une vision très flatteuse d'Amazon Go, un prototype de magasin sans caisse. Le journal y représente un robot arborant le logo d'Amazon aux côtés d'un bandeau annonçant la fin des emplois.

Paul Misener, le vice-président d'Amazon en charge de l'innovation, voit les choses de manière légèrement différente.

"Nous n'avons absolument pas observé de ralentissement de nos recrutements du fait de l'accroissement de l'automatisation" déclare le vétéran d'Amazon lors d'une interview téléphonique réalisée pendant sa visite à SXSW. "C'est notre modèle. Nous continuons à déployer l'automatisation et nous continuons à embaucher des gens. Ils vont main dans la main pour nous."

Les travaux de sociétés comme Amazon, Uber et Google ont suscité la crainte que la hausse de l'automatisation et les drones pourraient tuer des milliers d'emplois pour les chauffeurs de taxi, les agents de livraison et les caissiers.

Et la question gagne de plus en plus d'attention en raison du développement de technologies susceptibles d'introduire des ruptures comme l'intelligence artificielle et les véhicules autonomes, ainsi que l'accent mis par le président Donald Trump sur l'augmentation des emplois aux États-Unis

Amazon : L'effet de l'automatisation sur l'emploi


Misener soutient qu'il est possible de concilier plus d'automatisation et plus d'emplois. Par exemple, malgré le déploiement de robots dans ses entrepôts, le développant des drones de livraison et des magasins sans caisses, la plus grande société de commerce électronique du monde a déclaré en janvier qu'elle recruterait 100.000 personnes supplémentaires aux États-Unis au cours des 18 prochains mois.

La nouvelle technologie va remettre en cause le statu quo, dit-il, mais "si elle s'avère être meilleure et plus efficace, cela profite à tout le monde". Avec une part de marché du commerce électronique de 10% aux US, a-t-il ajouté, Amazon et d'autres acteurs peuvent faire encore beaucoup plus pour rendre le shopping plus efficace pour les clients.

Toutefois, avec de nombreux détaillants traditionnels luttant pour suivre le rythme d'Amazon, il n'est pas assuré que ce changement soit bénéfique pour le commerce de détail et les clients, ou juste pour des géants de la technologie comme Amazon.

En discutant de l'importance de l'innovation chez Amazon, Misener, qui dirigeait la politique publique globale de l'entreprise jusqu'à ce qu'il prenne sa nouvelle fonction l'an dernier, a abordé d'autres sujets.

Programme de livraisons par drone d'Amazon

À SXSW, Amazon a profité de l'occasion pour montrer publiquement l'un de ses drones de livraison pour la première fois. Cette présentation intervient après l'officialisation en décembre par Amazon d'un programme de test pour livrer des marchandises dans les 30 minutes ou moins à des clients à l'extérieur de Cambridge, en Angleterre. Parmi les autres sociétés qui développent des drones de livraison figurent UPS et Google.

L’automatisation des emplois 

Si elles ne peuvent à elles seules porter la responsabilité de la vague antiprogrès (dite « néo-luddite »), certaines prévisions alarmistes contribuent malgré tout à alimenter la confusion. Selon l’une* d’entre elles, un emploi sur deux présenterait un risque élevé d’être automatisé sur les vingt prochaines années, en France, comme en Europe ou aux États-Unis. Sauf que cette étude raisonne en termes de métiers et non de tâches. Elle englobe donc, dans ses prévisions, des emplois qui requièrent notamment de travailler en équipe, d’interagir socialement ou de faire preuve de flexibilité face à un impondérable, autant de compétences que le robot ne possède pas a priori (même à moyen terme) !

De fait, en adoptant une approche en termes de compétences (et non plus de métiers), la prévision tombe à 15 % - l’approche étant basée ici sur une analyse des déclarations des salariés français concernant leurs tâches et leur environnement de travail**. L’étude de France Stratégie va même plus loin en montrant que le nombre des emplois peu automatisables a augmenté de plus de 30 % depuis 1998, une hausse imputable à la place croissante des services dans l’économie mais aussi, et surtout, à une transformation du contenu des métiers qui se recentre sur les tâches les moins automatisables.


"Je peux vous dire ceci : sans surprise, les clients adorent" dit-il. "Les commentaires que nous avons reçus sont extrêmement positifs. Sur ce plan, tout va très bien."

Les règlements actuels de la Federal Aviation Administration empêchent Amazon de lancer un programme semblable aux États-Unis, mais Misener se dit "très optimiste" sur les perspectives à long terme et la possibilité d'intégrer des drones de livraison aux États-Unis. Amazon développe des drones dans plusieurs pays, dont les US. 

Malgré tout, l'entreprise ne peut pas sur le plan de la logistique déployer la technologie à tous ses marchés simultanément. Il est donc probablement que ce service soit proposé par phases, au fur et à mesure que les règlements le permettent, estime Misener.

"Les autorisations réglementaires viendront avec le temps, et dans certains pays ce sera plus tôt que pour d'autres. Nous finirons par servir les clients là-bas plus tôt qu'ailleurs, et c'est OK."

L'échec du Fire Phone

Misener a abordé certaines des pratiques intégrées dans la culture d'Amazon contribuant au développement de nouvelles idées, comme la règle des  «deux pizzas». Celle-ci stipule que les équipes ne peuvent pas obtenir plus que le nombre de personnes qui peuvent confortablement partager deux pizzas ensemble. De cette façon, les groupes de projet ne sont pas trop gros, gonflés et inefficaces.

Certes, parfois, ces pratiques conduisent à des ratés, comme le Fire Phone.

"C'était un produit de haut niveau. C'était vraiment très mauvais" a déclaré Misener. "Il y a une raison pour laquelle j'ai un iPhone dans ma poche."

Après le lancement du téléphone exclusivement auprès d'AT&T en 2014, son manque d'attractivité est rapidement apparu. En quelques mois, AT&T a baissé le prix de 200 dollars à seulement 99 cents avec un contrat de deux ans. Amazon a ensuite enregistré une charge de 170 millions de dollars pour éponger les invendus de Fire Phone. Un Fire Phone 2 ne s'est jamais matérialisé.

"C'était un échec assez spectaculaire, mais nous prenons de gros paris tout le temps" commente le dirigeant. "Certains seront payants, d'autres pas."

Misener affirme que la firme a retenu deux leçons importantes de ce flop. Tout d'abord, les employés ont appris beaucoup d'un point de vue technique sur ce qui fonctionne et ne fonctionne pas dans la technologie grand public. Deuxièmement, ils ont appris que l'échec, même un énorme échec, est parfois acceptable.


la rédaction de ZDNet
Par Ben Fox Rubin, CNet.com | Jeudi 16 Mars 2017

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